
Allongés sur le sol. Brouillard. Vêtements blancs. Ambiance flottante. Ils parlent lentement et bas, comme si chaque mot nécessitait un effort énorme. Paroles décousues de leur attitude passive.
PATTY : Tu sais…
HOMME : Mm... ?
PATTY : Même les femmes comme moi ont une conscience.
HOMME : (ferme les yeux)
PATTY : Ne crois pas que je n’ai pas de mémoire ou que j’essaie de noyer le passé dans mes excès.
HOMME : (se met sur le coté, de facon à voir Patty)
PATTY : Un jour, je suis allée seule dans un bar. Là-bas, les clients m’ont pris pour une slut.
HOMME :… (ouvre les yeux)
PATTY: Ils chantaient ? I’m a country gurl, I suck and fuck and have no luck! ? C’était pas marrant tu vois.
HOMME: (met son pouce dans sa bouche (à lui))
PATTY : Un autre jour, je me rendais dans les toilettes d’un aéroport, et un mec de la douane m’a fouillé un peu trop profondément.
HOMME : (ferme les yeux)
PATTY : J’avais un pote musicos. Un coco de dernière classe. Bah j’étais sa mule. Il me payait charnellement en pensant que j’aimais ca.
HOMME : (caresse le bras de Patty avec sa main restante)
PATTY : Tellement de merde dans ma vie. Finalement il n’en ressort rien d’intéressant.
HOMME : Mais t’aime quand même ca nan ?! Je veux dire, la luxure.
PATTY : Ouais… J’suis comme ca. J’ai besoin de chair et de chaleur.
HOMME : T’es quand même qu’une putain.
PATTY : Ouais… Peut-être.
HOMME : T’es qu’une merde pleine de choses pourries.
PATTY : Ouais… Tu dois avoir raison.
HOMME : T’es ma courtisane à la con.
PATTY : J’suis rien.
HOMME : Au moins t’en as conscience.
PATTY : Ca compte ?
HOMME : Ca compte.
Ils ferment les yeux.

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