Sleepy Corpse
D'abord il y eu ce sandwich fade et spongieux enroulé dans de l'aluminium. Ensuite ce chewing gum gris qui se colla sous la semelle usée d'une basket. La vieille dame passe devant moi, comme prévu, et se dirige vers le distributeur. Insertion de 2 euros perdus à jamais.
Sur le quai tout le monde attend quelque chose d'extraordinaire. La boite à musique du gosse hurle entre ses doigts. Il y a cet qui homme qui passe et repasse en murmurant quelques grivoiseries. Un ogre se tient debout ombrageant les paturages de béton coulé. Contre sa poitrine une malette noire glisse. Les rats se faufilent entre les pierres fuligineuses, les merdes et la pisse d'égout. Les néons nous rendent laids, revelant la graisse de nos cheveux, les cernes sous nos yeux et la jaunisse de notre peau.

D'abord il y eu ce sandwich fade et spongieux enroulé dans de l'aluminium. Ensuite ce chewing gum gris qui se colla sous la semelle usée d'une basket. La vieille dame passe devant moi, comme prévu, et se dirige vers le distributeur. Insertion de 2 euros perdus à jamais.
Sur le quai tout le monde attend quelque chose d'extraordinaire. La boite à musique du gosse hurle entre ses doigts. Il y a cet qui homme qui passe et repasse en murmurant quelques grivoiseries. Un ogre se tient debout ombrageant les paturages de béton coulé. Contre sa poitrine une malette noire glisse. Les rats se faufilent entre les pierres fuligineuses, les merdes et la pisse d'égout. Les néons nous rendent laids, revelant la graisse de nos cheveux, les cernes sous nos yeux et la jaunisse de notre peau.
Un homme (un malade à en juger par son odeur pharmaceutique) me bouscule.
- Et ca ne dit pas pardon!
- Ca?!
- OUwaaaaaaiiiiii...
- Excusez-moi, mais je ne vous avez pas vu.
- ...
- Comprenez moi je n'ai plus de filtres à café chez moi.
- ...
- Comprenez moi je n'ai plus de filtres à café chez moi.
- Moi non plus.
- C'est pour cela que je ne vous avez pas vue.
- Ah... Mais alors comment faites vous votre café?
- Avec joie merci. Par contre à 21 heures je ferme.
- C'est tot!
- C'est tot!
- Oh non, c'est le printemps de mon enfant roi.
- Je suis née en automne.
- Félicitations, c'est la saison de morts, le purin est genereux et on labourre les champs. Ma vache est partie à l'abbatoir ce mois-ci.
- Je suis née en automne.
- Félicitations, c'est la saison de morts, le purin est genereux et on labourre les champs. Ma vache est partie à l'abbatoir ce mois-ci.
- Ma souris s'est tordu une phallange.
- Pourtant nous allons à la piscine sans remords.
- Eh oui. Au revoir monsieur.
- Au revoir mademoiselle.
- Pourtant nous allons à la piscine sans remords.
- Eh oui. Au revoir monsieur.
- Au revoir mademoiselle.
Il y a lui, eux, et les autres qui s'enfoncent les doigts dans l'oeil. Il y a cette femme qui se maquille. Son téléphone sonne. Elle plonge dans sa poche tous ses espoirs. Le fond de teint s'étale sur le sol. PAF.
Le métro arrive en grincant.
Et puis toi tu saute sur les rails.
Mon sandwich est trop mou. Les morceaux de jambon glissent sur ma manche. J'ouvre le pain pour y replacer le porc tranché. Les tomates imbibées de beurre atterrissent sur le sol. J'essaie de les rammaser, mais elles s'enfuient.
Monsieur Paul vous avez un sandwich à sauver.
Et puis toi tu sautes sur les rails.
Le métro arrive en grincant.
Et puis toi tu saute sur les rails.
Mon sandwich est trop mou. Les morceaux de jambon glissent sur ma manche. J'ouvre le pain pour y replacer le porc tranché. Les tomates imbibées de beurre atterrissent sur le sol. J'essaie de les rammaser, mais elles s'enfuient.
Monsieur Paul vous avez un sandwich à sauver.
Et puis toi tu sautes sur les rails.

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